Welcome to the Fun House Part II : Dirt et les gilets jaunes

J’avais écrit il y a un moment une première critique, enfin pas une critique réellement, plutôt une divagation transpirant l’adoration et la culotte mouillée sur les Stooges et leur Fun House. Je savais déjà à ce moment là que je n’avais pas tout dit et, que j’aurai envie d’en parler encore et encore, jusqu’à vous en dégoûter. Ceux qui suivent un peu le blog savent que c’était un peu le bordel ici ces derniers jours. J’en ai gardé une légère anxiété que j’ai essayé de soigner à coups de salutations au soleil et de cocktails, enfin surtout de cocktails. Hier alors que je somnolais sur le canapé, une copie de Bel-Ami ouverte sur mon ventre, je me suis levée après quelques minutes de sommeil en sursaut en criant « Foutez moi la paix ! ». Mon frangin qui était là, est passé en me jetant un regard blasé, enfin son regard naturel de tous les instants et je me suis laissée retomber sur les coussins en grognant.

Je m’étais endormie en écoutant la face B de Hatful of Hallow, un go to efficace lorsque le moral n’y est pas ; l’enchainement « You’ve got everything now » et « Accept yourself » a quelque chose d’holistique. Bref, j’étais là dans un cocon de roucoulement trainassant Morrisseyien, de brise fraiche et de relents de tabac froid venus de la rue, elle même anormalement calme et, il y avait quelque chose de trop doux ou de trop mou, je ne savais pas ce qui me dérangeait dans tout cela, mais je n’aimais pas ça, cet état des choses était une hérésie. J’étais en colère intérieurement, je bouillonnais et j’avais les yeux qui criaient meurtre et cela contrastait salement avec cette ambiance boudoir dans laquelle j’étais.

Alors j’ai arpenté le salon de long en large, avec l’envie de crier, le cheveu dressé et sauvage essayant de trouver sur quoi me défouler. J’ai fini par revenir au canapé ahurie et pas plus avancée. J’ai mis enfin Fun House et je suis allée directement sur Dirt. Roulement de batterie, joint aspiré à fond et « ooooohhh Ooh, I been dirt And I don’t care Ooh, I been dirt But I don’t care ‘Cause I’m Burning Inside » l’intro dédaigneuse, tellement que même sans voir la gueule étrange d’Iggy on peut tout à fait se la représenter : moue arrogante mais amusée, blasée-attitude naturelle, pas feinte, non pas comme ceux qui font genre, pas de ceux qui veulent vanter leur douleur, en faire un fond de commerce. Iggy chante I been Dirt comme une déclaration officielle, un fait impossible à remettre en question, n’allez pas le contredire et surtout n’allez pas le plaindre, il vous cracherait à la gueule et moi aussi. I been Dirt too et je n’ai aucune envie d’être plainte. Si je reviens toujours sur Dirt c’est que je lui trouve les qualités d’un hymne, il pourrait être chanté dans les stades, on pourrait en faire un chant révolutionnaire ou l’hymne d’une toute nouvelle nation qui serait présidée par Iggy. Ce serait un pays magique et dépravé où la population mourrait à l’âge moyen de 38 ans par overdose d’amphé et de crises d’épilepsies, après plusieurs écoutes de T.V. Eye.

Pour revenir à Dirt, je pense que c’est le plus gros doigt qu’on puisse donner à quelqu’un en si peu de mots et en riffs purs, ce qui ne fait que rajouter à la violence de l’insulte. Je pense aux gilets jaunes qui sortent dans la rue et je fantasme de ramener un haut parleur qu’on installerait sur une barricade en feu et on laisserait les flics plantés là comme des cons « On est de la merde, on nous traite comme de la merde et on vous emmerde ». Une déclaration scatologique, s’il en est,  mais en l’essence Dirt ou Shit cela revient au même, peu importe on assume qu’on baigne dedans, qu’on en est nous mêmes, donc à partir de là, ils ne peuvent rien nous faire de plus. Je me l’imagine si clairement : tous torses nus, petits gilets jaunes (grosse ambiance Village People), devant Jeanne-d’Arc à Toulouse, barricadés devant le Melting Pot ; la révolution donne soif, surtout quand elle se prend des gaz lacrymo dans la gueule, mais après trois pintes on pourrait tous reprendre en cœur « And do you feel it? Said do you feel it when you touch me? Said do you feel it when you touch me? There’s a fire Well, it’s a fire Yeah, alright… » Ce fait accompli, on pourrait commencer à marcher droit devant sur le son de Down on the Street, titre très à propos. UHH AaHH Oohhhh, down on the street. Évidemment si on m’écoutait, on finirait en partouze géante sur Loose et la boucle Fun House serait bouclée.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.