Football et sport en Corée du nord – Episode 2 : l’école de football et les installations sportives.

L’école de football était une des affiches de ce voyage et cela n’a pas déçu. L’établissement accueille chaque année les jeunes qui aspirent à devenir footballeurs ou footballeuses, car ici on forme les jeunes filles également. Le tour commence avec les salles de classe. Dans celle consacrée à la lecture, les enfants étudient des livres sur des sujets variés et pas seulement sur le sport. Lorsqu’on leur pose la question sur leur joueur de football préféré, une grande majorité évoque Cristiano Ronaldo et, pour quelques-uns Messi. On pourrait se demande si les stars sont conscientes de leur rayonnement qui s’étend même jusqu’à cette partie du monde.

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Le directeur de l’école nous explique les sélections de l’école, l’entrée est ouverte à un large nombre d’enfants dés l’âge de six ans, mais plus de la moitié ne passent pas en deuxième année car il ne possèdent pas le niveau nécessaire. Il reste évasif sur les critères et les tests de sélection. Tout en nous emmenant dans une grande salle d’auditorium équipée de rétroprojecteurs et d’écrans, il nous explique qu’ils essayent de plus en plus de travailler les aspects tactiques et multiplient les séances vidéo en s’inspirant surtout de ce qui se fait dans le football européen.

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De quoi tordre le cou aux préjugés, non les jeunes coréens ne sont pas coupés complétement de ce qui se passe dans le monde extérieur. D’ailleurs en rentrant dans un restaurant, la télé accrochée au mur diffusait (avec quelques semaines de retard) le match retour de champions league opposant le PSG au Real Madrid.

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Les terrains d’entrainement à l’extérieur sont peu nombreux , d’ailleurs les filles ce jour là doivent se rabattre sur le plus petit terrain, sur un semblant de pelouse en mauvais état, plus proche du champs labouré qu’autre chose. Les moyens manquent mais cela n’empêche pas l’école de viser l’excellence. Leur fierté d’ailleurs est leur formation féminine, qui est bien plus performante que la masculine. Au niveau national d’ailleurs les équipes féminines réussissent non seulement mieux mais sont plus suivies. La question du sexisme est quasiment méconnue dans la société coréenne. Le distinguo ne se fait pas et le sujet n’en est pas un. On assiste à un toro des plus jeunes garçons de l’école, avant de rencontrer un groupe d’adolescents qui ont eu l’opportunité de partir quelques mois plus tôt dans un centre de formation en Italie. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils ont pensé des installations là-bas ils sont embarrassés. L’un d’eux nous répond tout de go « La Corée c’est bien mieux, mon pays est le meilleur ». Nous n’insistons pas plus. La question du nationalisme est naturellement sensible et les coréens sont sur leur garde dés qu’il en est question.

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On reste quelques minutes de plus pour assister à l’entrainement des gardiens qui est dirigé par une footballeuse professionnelle.

 

Le lendemain, la matinée est consacrée aux visites des palais des sports. Sur une longue avenue, non loin du fameux stade du premier mai – le deuxième plus grand stade au monde avec une capacité d’accueil de 150 000 places- se dressent d’imposants palais dédiés chacun à un sport en particulier : basketball, volleyball et tennis de table. Pour un pays sous l’embargo le plus stricte du monde, la régime tient à ce que le sport soit promu et encouragé. Cette volonté se constate dans la ville même. En dessous de chaque immeuble de bureaux, des terrains de volleyball et de tennis ont été construits afin de permettre aux employés de pratiquer durant leurs pauses.

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Plus surprenant, les sportifs de haut niveau se voient accordés par l’état des logements dans des immeubles neufs construits spécifiquement pour eux et ils ont le privilège de posséder une voiture personnelle. Au même titre que les scientifiques et les personnalités importantes du pays. C’est dans un de ces immeubles que nous rendons visite à la double championne olympique d’haltérophilie Rim Jong-sim, dans l’appartement qu’elle partage avec sa famille, notamment sa sœur elle aussi championne d’haltérophilie. Rim Jong-sim a représenté la Corée du nord en 2012 puis en 2016, remportant l’Or dans la catégorie moins de 69kg aux jeux de Londres, et dans la catégorie moins de 75kg à Rio. Des exploits qui lui ont valu de nombreux hommages nationaux et des décorations décernées par Kim Jong-un lui-même et, que l’on peut voir accrochées fièrement sur le mur du salon où ses parents nous accueillent. Sur le téléviseur un DVD qui retrace sa carrière tourne en boucle.

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Après quelques parties Ping-Pong dans une pièce de l’appartement entièrement dédiée à cela en attendant l’arrivée de la championne, nous nous installons en rond sur le tapis pour discuter. Timide et modeste, Rim Jong-sim n’aime pas parler d’elle.

Je pense que je ne fais que mon travail, qui est de représenter mon pays de la meilleure manière possible mon pays. Je suis fière d’avoir ramené ces médailles pour la Corée et qu’on parle en bien de mon peuple

Le moment le plus marquant de ma carrière ? C’était à Houston (elle s’était écroulée par trois fois et, malgré l’avis médical elle avait retenté et avait fini par arracher l’argent). A ce moment là on avait du m’aider à descendre et on m’avait mis sur une chaise roulante. Le médecin m’avait conseillé d’arrêter là, mais je ne pensais qu’à une chose, il ne fallait pas que j’abandonne. Je représentais mon pays à Houston, il fallait que je continue. Le moment où j’ai soulevé, je souffrais terriblement mais j’ai tenu bon. Je m’entraine plus de huit heures par jour avec ma sœur, je compte encore gagner d’autres médailles.

Quand je suis rentrée en Corée, je ne savais pas qu’il y aurait autant de personnes qui m’attendrait. Les gens sont venus tous m’accueillir à l’aéroport avec des fleurs( en réalité il y eut tout un cortège de centaines de personnes dans les rues de Pyongyang pour l’accueillir), c’était incroyable. Mais je répète, pour moi ce que je fais est normal.

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Cet esprit de combattivité est profondément ancré chez les coréens du nord. La guerre des Corées a laissé de profondes marques dans la société, et l’état d’esprit présent dans le sport en atteste. Que cela soit dans le football ou dans les autres sport, un match n’est pas seulement un match, une compétition n’est pas juste une compétition, c’est une question d’honneur, de combativité et de courage. Quand un footballeur fonce tête baissée avec le ballon vers le but adverse, il ne joue pas, il est engagé dans un combat guerrier que seul un soldat où un homme ayant du se battre pour survivre comprendra.

Prochain épisode : Matchs et stades

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