Ici c’est Napoli

Il est presque impossible d’écrire sur Napoli sans en faire trop, sans que la passion transparaisse entre les lignes. Il est totalement impossible d’écrire sur le Napoli lorsqu’on est tifoso du club sans tomber dans l’exagération, dans l’extrémisme même. Après tout, la ville elle-même vous incite à l’hyperbole, alors autant cesser de lutter et laisser le tourbillon azzurro vous transporter.

Pour comprendre l’attachement et la passion qu’inspire le club, il faut avant tout apprivoiser la ville, le lien est infiniment intime. Ce n’est pas par mesure d’affluence au stade que cela se détermine, mais par occurrence des références dans quasiment chaque rue de la ville. Vous ne ferez pas un pas sans croiser une vignette, un graffiti ou une affiche à la gloire du club et de ses légendes, quand ce n’est pas un Forza Napoli déclamé juste comme cela , au détour d’une rue sans aucune raison particulière.

Historiquement ? Une histoire de Sud et de nord, une histoire d’argent, de riches et de pauvres, de niveau de vie et d’inégalités. Le dialecte en atteste, ici vous n’êtes pas en Italie, vous êtes à Naples. L’identité napolitaine est très forte, ce qui peut sembler caricatural mais cela ne l’est pas vraiment. Le chant « Napoli usa il Sapone » , littéralement Naples utilise le savon, une allusion peu élégante à la problématique des ordures dans la ville, n’est pas juste une pique entre tifosi rivaux, mais une illustration entre autres, de l’isolement de Naples vis-à-vis du reste de l’Italie , cela et le taux de chômage et de criminalité.

Cependant pourquoi s’arrêter sur les choses qui fâchent lorsqu’on peut déguster une pizza marinara simple comme un déboulé de Dries Mertens, pourquoi faire la tête lorsqu’on peut emporter son sorbetto al limone au lungomare et se laisser aller à la douceur, comme celle d’une frappe enroulée de Lorenzo Insigne ?

Naples n’est pas Marseille, le SSC Napoli n’est pas l’OM, la comparaison peut être tentante à juste titre, mais ici le PSG n’est pas en territoire ennemi, comme nous avons pu le voir au match aller à travers les échanges plus que cordiaux entres ultras des deux camps. Tout porte à croire donc que l’ambiance tout en étant au rendez-vous aux abords du San Paolo, ne sera pas hostile pour autant. Pour un match de poule cela dit, la rencontre revêt des airs d’affiche prestigieuse. Les enjeux ne sont pas négligeables. Sauf en cas de match nul, le perdant de la rencontre verra ses espoirs de continuer dans la compétition s’amoindrirent sévèrement. Le PSG porte peut être plus encore cette pression sur les épaules, son parcours dans la compétition conditionnant grandement le bilan de sa saison et, si les enjeux lui échappent la presse française sera là pour les lui rappeler. Napoli jouera avec cœur et volonté pour arracher une victoire, mais l’attente est déjà bien moindre. Il faut rappeler qu’au tirage au sort, il semblait déjà que le club azzuro serait le cadet du groupe, le label « petit poucet » revenant de droit à l’Etoile rouge de Belgrade. Entre temps, il y a eu la victoire contre Liverpool et la prestation imposante bien que soldée par un nul contre le Paris-Saint Germain.

Le pronostic est difficile, bien malin serait celui qui franchirait les barrières du San Paolo armé de certitudes. Le PSG a réalisé un match très accompli contre son dauphin actuel en ligue 1, le LOSC en l’emportant 2-1. Le Napoli a donné une leçon à Empoli en l’emportant cinq buts à un mais en ayant effectué une prestation inégale ce qui tient largement au fait que Carlo Ancelotti ait fait tourner son effectif.

Citron jaune, jaune citron, du pareil au même, nous serons fixés dans quelques heures. Entre temps, les petits scooters 200cc continuent à se frayer des passages dans les ruelles étroites où les odeurs de pâte à pizza et de soffritto se déversent. Les maillots et les drapeaux s’affichent, les nonne étendent leur linge aux fenêtres, les jeunes se rassemblent sous les portraits géants de Dieu -Maradona- et tout le monde retient son souffle avant que le délicieux hymne de la Champions League retentisse, annonçant 90 minutes de beauté, d’émotion et de football, toujours.

Ici vous n’êtes pas en Italie, vous êtes à Naples, alors Forza Napoli !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.