De la joie

Quel est le point commun entre Ronaldinho, la Caïpirinha et le Passinho ?

Ils viennent tous du Brésil, oui mais encore ? Vous ne trouvez pas ? Et bien c’est la joie pardi ! Ils nous apportent de la joie. Vous savez ce truc qu’est censé nous apporter le foot et qu’on a fini par oublier depuis que les joueurs sont des chiffres sur un gros chèque et les gros chèques plus communs qu’un hipster dans le Marais.

Les meilleurs d’entre nous s’y perdent. Aujourd’hui évoquer le nom d’un joueur c’est immédiatement derrière, mentionner le montant de son transfert ou sa valeur marchande. Un jour on allumera la télé et on verra floqué au dos des maillots les prix de chaque joueur, au moins comme ça c’est réglé.

C’est en lisant le superbe numéro de Sofoot consacré à Ronaldinho (je vous le conseille vivement d’ailleurs), que j’ai eu cette soudaine prise de conscience. Qu’est ce qui nous a tous fait aimer le foot au départ ? C’est le sentiment que cela nous procurait, ça a toujours été une question de sentiment. Mais ça a toujours été aussi une question d’argent, nous étions juste trop innocents, trop jeunes pour nous en préoccuper.

Bienvenu à l’âge de raison, celui où tu commences à compter : tes impôts, tes RTT, tes likes sur fb… tout est une question de chiffres, et nous voila à sortir des phrases de vieux cons comme : « c’était mieux avant ». La vérité c’est que ce n’était pas mieux ou pire avant. Maradona n’était pas allé au Napoli en échange d’un litre de Limoncello et une fournée de Cannoli, Zidane n’a pas été payé en grains de semoule. Oui on ne parle plus des mêmes prix, mais est ce que tu payes ta baguette le même prix qu’en 1994 ?

Je ne dirai pas que le football n’a pas changé, il est évident que la dimension business a pris le dessus et le footballeur est devenu comme n’importe quel salarié, il travaille dans un club et il change ce dernier lorsqu’il reçoit une meilleure offre ailleurs. Il fut un temps, nos parents passaient toute leur vie dans une même entreprise, il fut un temps les joueurs passaient leur vie dans un même club. Les époques changent et il faut vivre avec son époque.

Pour ceux qui se sentent dépassés, voir écœurés devant ces transactions à des millions d’euros, ce marché du troc au « bétail », il ne tient qu’à vous de voir les choses autrement. Bielsa disait « Le monde du football ressemble de moins en moins à ses supporters et de plus en plus à ses actionnaires. »*. Et s’il suffisait de se réapproprier le foot ? Vous et moi nous faisons vivre le football. Que serait-il sans nous qui regardons, supportons, payons ?

Et si Neymar venait en échange d’une somme d’argent mirobolante à en donner le tournis ? Et alors ?  Nous avons le choix entre nous rendre malades à faire et refaire les calculs ou bien juste profiter. Se régaler du jeu, vibrer, admirer, aller dans les stades, supporter, crier et vivre le football avec passion, toujours avec passion.

Laissons les chiffres aux actionnaires et le ballon aux joueurs. Un coup franc pleine lucarne, un crochet malicieux, un dribble époustouflant, une frappe enroulée de velours… Parce qu’au final, l’essentiel n’a pas changé. Dés que l’arbitre siffle, tout s’estompe et ce qui reste c’est 22 joueurs, une pelouse, un ballon et beaucoup de joie.

*citation reprise de Romain Molina

2 commentaires

  1. Un joli résumé de ce que doit être le football, un jeu, un plaisir, des sentiments variés, de la passion surtout de la passion et pas un monde chiffré en euros ou pollué par des stats insignifiantes.

    Aimé par 1 personne

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