Tic Tac

Le foot est comme la science, tout y va très vite. Ce qui était vrai il y a 24h, ne l’est déjà plus maintenant. Ce qui engendre des dilemmes cornéliens le matin devant la machine Nespresso : Est ce que cette tasse de café va me tuer ou me transformer en dieu de l’amour ? On peut carrément transposer cette interrogation aux résultats de l’OM.

D’ailleurs cette réflexion résulte justement de la semaine peu glorieuse que vient de passer Marseille. Deux lourdes défaites et tant de débats qui ont suivi : pourquoi ? comment ? Et Payet ? Et Evra ? Et le pastis ? Le problème parait pourtant clair. L’OM est victime et instigateur dans sa prétendue mauvaise passe. Alors que le club a été racheté il y a à peine quelques mois, le coach à peine instauré, le grand projet pour reglorifier le club encore à ses balbutiements, l’enflammade elle, a été totale. Maintenant que tout le monde est redescendu de son nuage, les gens se sentent trahis, dépités, comme salis. Tu te souviens quand tu as juré sur la vie de ta mère après un seul rencard avec cette fille, qu’elle était LA bonne ? Tout ça parce qu’elle a partagé sa crêpe au nutella avec toi ? et bien c’est pareil.

Mais l’exemple de l’OM révèle ce cercle vicieux dans lequel certains clubs s’enlisent sans crier gare alors qu’ils savent exactement comment cela va tourner. Comme le foot est joué, vu et vécu toutes les semaines, voir tous les trois jours, il subit les lois de l’instantanéité. Il suffit parfois d’un match pour remettre en question la vérité établie par les dix derniers. Il faut dire que les supporters sont une espèce exigeante et peu portée sur le pardon. C’est bien pour cela que leurs dimanches sont passés au stade et pas à l’église. L’erreur du débutant et en l’occurrence celle de l’OM a été de trop parler, trop communiquer, trop en faire finalement. Ce qui peut se comprendre. Lorsqu’on débarque à un nouveau job, on en fait tous un peu trop, histoire de bien se faire voir avant de passer les dix mois d’après à swiper sur Tinder en cachette.

La vérité est que l’OM ne traverse pas une crise, c’est un club qui connaît des changements et ces derniers n’en sont qu’à leurs débuts ce que les dirigeants comme les supporters commencent à peine à comprendre. L’OM est un bon exemple pour illustrer la fugacité dans le football, mais il n’y a pas que les clubs qui sont concernés. Les entraîneurs sont les premiers à la subir. Il en a été le cas pour Emery avec le PSG en première partie de saison. A tel point qu’on l’annonçait déjà à deux doigts d’être viré avant de l’aduler quelques mois plus tard. Le contraire a été vécu par le néo ex coach de Leicester, Ranieri. Mais tout cela révèle un problème plus grand: Que doit-on analyser à la fin d’un match ? Quelles conclusions? Faut-il juger juste les performances à l’instant t, attendre les cinq prochains matchs ou analyser à travers le prisme du passé ?

Parfois, je me remémore les paroles de certains journalistes ou experts et je compatis. Il est très compliqué dans le foot de pouvoir sortir des certitudes. Certains le font et d’une manière je peux admirer leur courage. Dans quelques semaines ou quelques jours  il est probable que la réalité du terrain leur donne complètement tord et Twitter ne les laissera pas l’oublier. Comme dans tout, il s’agit tout simplement de faire la part des choses : Identifier le contexte, prendre compte de ce qui est et non pas de ce qui est dit. On ne juge pas les performances d’une équipe en construction comme on juge celles d’une équipe aboutie. Il en va de même pour un nouvel entraîneur, ou d’un joueur. Le football va déjà assez vite pour que l’on n’ait pas besoin de le presser plus encore.

Les seules choses qu’on peut presser c’est les oranges et Verratti après avoir bu quatre litres de café.

 

 

 

 

3 commentaires

  1. Moi après 4 litres de café, je ne presse plus, je pisse.
    Bref.
    Quels supporters aiment voir leurs équipes perdre? Aucun j’ose espérer.
    A l’OM, on en a connu des vertes et des moins mûres. On a tellement souffert ces dernières années avec la direction, les top coachs qui quittent le club, les joueurs vendus à tour de bras pour nous ramener du joueur en fin de contrat au pire, indésirable pour un club de ligue 2 au mieux.
    Alors oui, quand forcément, un mec avec des ambitions affichées se ramène et pose l’argent sur la table, rachète le club, fait venir des hommes visiblement bons dans ce qu’ils font, t’as envie d’y croire dès le départ. Mais c’est sans compter que les joueurs sur le terrain, tu ne les changes pas si facilement que le reste de l’organigramme.
    Psychologiquement, on a peut être pensé que nos joueurs allaient se surpasser régulièrement, mais non, tu ne peux pas demander à des bourricots de devenir des chevaux de course sous prétexte qu’un nouvel actionnaire arrive. Ça fonctionne un peu comme avec le changement de coach, c’est très variable. Soit ça perd, soit ça gagne, soit ça fait match nul. Comme si tu n’avais rien changé.
    Pour en revenir avec le sujet qui fâche, pour moi la communication, quand elle est poussée à l’extrême comme ça a pu être fait ces dernières semaines, ça devient vite indigeste. Oui, on est l’OM, mais non, nos joueurs ne se transforment pas comme dans DBZ pour tout bouger…
    Oui nous sommes le seul club français avec la Ligue des Champions, mais non, on ne la ramènera pas demain pas sûr que ce soit nécessaire de sortir avec en main, sauf pour le fameux « électrochoc ».
    Les ambitions dans le foot, c’est bien, c’est même ce qui te pousse à encore plus aduler ton équipe. Le public marseillais a tendance à s’enflammer rapidement et ça, j’ai l’impression qu’ils ne l’ont pas forcément pris en compte, sauf pour se le mettre dans la poche. Maintenant, place aux actes. Ça a commencé dès l’achat et durant les « 100 premiers jours », ce qui a été fait a été selon moi plutôt intelligent, les nouvelles têtes, les anciennes mises dehors, les partenariats, etc… mais là, le plus dur arrive cet été, c’est le mercato. Là on pourra juger réellement des ambitions de l’OM et encore plus des moyens mis à la disposition de ces dernières. On ne peut pas juger l’OM cette saison sur son jeu (même si c’est difficile à accepter). Nous avons encore pas mal de joueurs arrivés pendant l’ère d’austérité MLD. La saison prochaine, on devrait tendre, en fonction du recrutement, a un peu plus de régularité dans les résultats.
    En réalité, analyser sur un match, c’est bien pour le prochain adversaire. Le faire sur 5, ça te donne certainement plus de certitudes sur les postes clés. Mais en aucun cas les matchs de foot ne se ressemblent. La preuve cette semaine avec ce Barça-PSG. Beaucoup de personnes voyaient le Barça à bout, et pourtant en deux matchs ils te marquent 11 buts. Le PSG que tout le monde voyait au dessus (j’en ai même entendu dire que c’était la meilleure équipe française (???) ) a difficilement gagné en Coupe de France… Le football n’a aucune vérité si ce n’est celle du terrain et donc de l’instant t.

    J'aime

  2. On peut pas reprocher aux supporters de s’enflammer, mais on peut reprocher comme tu dis aux dirigeants de ne pas faire preuve de plus de mesure. Moins de blabla plus d’actions et surtout se laisser le temps nécessaire. Aulas à l’OL a fait pareil, ils ont fait un mercato médiatique et ils ont annoncé prématurément des objectifs hors de portée. Aulas qui dit dans 5 ans l’OL peut gagner la C1. Je ne comprends pas comment il peut faire de telles prévisions. ça peut être vrai comme ça peut ne pas l’être. comme je disais c’est pas une science exacte. Tout ce qu’il peut garantir c’est de donner les moyens à son club de progresser mais il peut pas promettre aux gens une coupe d’Europe ni n’importe quelle coupe par ailleurs. Tu peux être le Real Madrid et ne pas pouvoir assurer ce gens de résultat.

    J'aime

    1. Si les supporters s’enflamment, c’est de la faute des dirigeants qui auront tendus la carotte… Il vaut mieux travailler dans l’ombre… Quand je vois ce que fais Monaco en ce moment, c’est l’exemple type. Ça fait 3 saisons qu’on ne les entend que très peu et ça porte ses fruits. On ne peut pas comparer les clubs car quoi qu’on en dise, et sans remettre en doute le palmarès de l’ASM, les supporters n’en ont pas les mêmes « attentes ».
      Aulas, il est bête. Oui, il a été trop vite également. Pourtant il a plutôt bien bosser avec son club, mais il est tellement hautain et « crétin » qu’il en rend son FC Lyon et ses supporters imbuvables. C’est un passionné qui aura beaucoup donné, trop peut être. Ses prévisions (comme celle de Nasser d’ailleurs hein) sont absurdes oui. Le foot, si c’était une science exacte, il n’y aurait jamais autant de ferveur autour d’un match.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.